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S'installer en permaculture, comment faire?

Quelques pistes et réflexions sur l'installation paysanne en permaculture, issus de nos expériences, rencontres et échanges communs.

N.B du 08/02/16 : vous trouverez aussi une ébauche d'un guide juridique d'installation paysanne atypique, avec un appel à le finaliser de manière collaborative, ici :

http://www.lesdemainsdanslaterre.fr/2016/01/17/outils-juridiques-et-%C3%A9conomiques-pour-des-petites-installations-paysannes-atypiques/

     Cette question revient souvent sur notre ferme lors de visites, de chantiers participatifs et autres temps d'échanges.

     Elle est aussi revenu lors de rencontres du collectif permaculture 44 ou d’événements que ce dernier a organisé.

     Cela démontre une envie grandissante pour nombre de personnes de revenir à quelque chose de plus simple, de plus sensé, qui replace l'être humain au sein de la nature.

     Mais comment mettre en application les principes de la permaculture lorsqu'il s'agit de s’immerger dans les abysses administratives, comptables, techniques, sociales,etc... d'une démarche d'installation paysanne, d'autant plus quand elle se situe dans le domaine de la permaculture ?

      En effet, peu de références existent pour ce genre d'installations, malheureusement encore atypiques...

     Les conseils qui vont suivre ne sont pas à prendre au pied de la lettre, dépendent aussi de chacun, sont incomplets et amenés à évoluer, mais nous pensions qu'il était important de faire un point là-dessus pour aider de futurs permaculteur-trice-s à se lancer avec un peu plus de sérénité.

      Nous allons ainsi tenter de répondre avec nos moyens à la problématique de l'installation paysanne en permaculture, en mettant légèrement de côté les aspects techniques culturales et de design de cette installation. 

     Des associations et personnes ont ainsi écrit de très bon textes ou ouvrages sur la question du design ou des techniques applicables en permaculture.

      Ainsi en est-il de Richard Walner avec son manuel de culture sur butte, de Franck Natié avec son ouvrage phare Permaculture en climat tempérée, de l'association Brin de paille et de son travail de vulgarisation de la permaculture, de l'UPP et de ses formations généralistes reconnues, de la ferme pédagogique en permaculture du Bec Hellouin, et de ses formations techniques de qualité, et de tant d'autres que vous pouvez retrouver sur notre site internet ou ailleurs sur le web.

 

     Nous essaierons essentiellement ici de répondre aux questions qui suivent, exposés par Claire, du collectif permaculture 44 :

 

Où se former à la permaculture ? Quels types de formations ?
Faut-il ou non passer le BPREA ?
Le maraichage bio permaculturel est-il valide économiquement ?
Quels livres lire pour débuter en permaculture ?
Et d'en développer quelques autres.

 

Faut-il ou non passer le BPREA (ou le BTS) pour s'installer en permaculture ?

 

     Nous serions tentés de dire que cela dépend de vous, mais du fait de raisons exposés ci-dessous et des retours d'expériences que nous avons reçu dernièrement, nous répondrions quand même oui.

     Le BPREA vous permettra au moins d'avoir une formation financée, d'obtenir des bases en agriculture, même si cela ne suffira amplement pas pour vous installer, d'être prioritaire vis à vis de la SAFER au niveau de l'achat de terres agricoles et d'obtenir des aides pour vous installer si vous le souhaitez (autour de 15000-20000 euros en Loire-Atlantique; bien que ces aides n'aillent pas sans contraintes et contreparties, et de relations avec les institutions, ce que nous avons ainsi refusé).

    De même, cela vous permettra d'éviter de passer devant la CDOA pour l'autorisation d'exploiter(sic) des terres agricoles (en location ou en achat), ce qui n'est pas une panacée quand vous n'avez pas de diplôme. 

    Vous pouvez cependant choisir des centres de formation proposant des BPREA légèrement axés sur l'agro-écologie comme le lycée nature de la Roche sur Yon ou le CFPPA du Rheu (entre autres centres de qualité existant en France), ce qui vous permettra de ne pas ressortir complètement formaté par le programme quelque peu institutionnel et économique du BPREA.

    Si nous vous conseillons d'effectuer le BPREA, cela ne nous empêche pas de vous prévenir que l'offre de formation sera à mille lieux des principes de la permaculture et d'une formation qui vous en apprendra beaucoup sur les techniques paysannes. Vous risquez aussi, malgré vous, de ressortir du BPREA avec une pensée plus économique et gestionnaire que paysanne (Yoann en parle en connaissance de cause pour l'avoir connu lui-même, et l'avoir vu autour de lui auprès de ses collègues)

    Nous vous conseillons ainsi d'effectuer du WOOFing, des stages, formations dans des fermes en permaculture, ou simplement paysanne, auparavant. D'effectuer une auto-formation via des ouvrages, textes, échanges et ateliers. Et d'en ré-effectuer à la sortie du BPREA. 

    Ne serait-ce aussi que pour bien vous former et ne pas vous retrouver dans la galère durant les premières années d'installation qui sont souvent les plus difficiles au plan technique et économique (nous aurons l'occasion d'en parler plus loin).

     Vous pouvez aussi passer un BTS agricole à la place du BPREA, ce qui vous permettra éventuellement de continuer des études dans le domaine de l'écologie et de l'agronomie par la suite. Sachant cependant que le BTS dure 2 ans au lieu de 9 mois pour le BPREA, qu'il sera un peu plus difficile à passer et qu'il ne vous formera pas beaucoup plus pour une installation paysanne.

    Enfin, si vous avez un projet collectif comme le nôtre, il n'est pas indispensable que tout le monde ait son BPREA (ce qui est notre cas, seul Yoann l'a passé). Celui ou celle qui a obtenu son BPREA peut ensuite transmettre les quelques connaissances agronomiques, comptables et économiques, essentielles pour une installation sereine, à ses collègues et transmettre les avantages du BPREA au niveau des institutions à la société (SCEA, GAEC ou EARL) que vous aurez formé (achat des terres, aides agricoles,etc...).

 

Où se former en permaculture? Quels types de formations? Qu'en est-il des offres de formation en elles-mêmes ? N'y aurait-il pas une distinction plus claire à effectuer au sein des centres et fermes de formation à la permaculture entre jardinage et installation paysanne? 

 

     Il existe malheureusement très peu de lieux ou centres de formations en permaculture. Souvent peu accessibles au niveau financier, ce qui a aussi motivé notre projet avec la volonté de rendre ces formations plus accessibles, les formations en permaculture sont cependant indispensables pour mieux appréhender la complexité enrichissante de cette "nouvelle" forme d'agriculture.

 

     Pour débuter, et que vous souhaitiez simplement aménager votre jardin selon les principes de la permaculture ou vous installer en tant que paysan-ne permacole, il est vivement recommandé d'effectuer un CCP (Cours Certifié de Permaculture) auprès de l'Université Populaire de Permaculture.

 

    Par la suite, vous pouvez soit vous former en autodidacte dans votre jardin, sur votre terrain, en lisant, observant, échangeant avec d'autres permaculteur-trice-s. Et/ou continuer votre chemin de formation, surtout si vous souhaitez vous installer comme paysan, en effectuant un BPREA, comme nous vous l'avons dit précédemment, mais aussi en effectuant des stages, du WWOOF, et des formations plus poussés sur le plan technique.

 

    Mais avant de détailler plus précisément les offres de formations disponibles pour s'installer en permaculture, il nous semble important d'effectuer une distinction entre la volonté de pratiquer la permaculture dans votre jardin et une installation paysanne en permaculture.

 

    En effet, concevoir votre jardin en permaculture grâce à un design et mettre en pratique des techniques de non-travail du sol, d'associations végétales, de micro-climats, d'étagement des cultures,etc... dans votre jardin ne vous demandera que très peu d'efforts, de recherches et de formations. 

 

Si vous souhaitez vous installer comme paysan-ne, il s'agira d'une toute autre affaire :

 

    Premièrement, Il est important de bien clarifier son projet et d'en mesurer l'ampleur. Il ne faut pas hésiter à prendre conseil autour de vous, auprès de paysan-ne-s du coin, de permaculteur-trice-s, sur des forums comme celui de l'asso brin de paille ou du site on peut le faire.com, d'effectuer des stages dans des fermes,etc...

 

    Deuxièmement, vous devrez bien prendre en compte les difficultés d'une installation paysanne, d'autant plus si vous vous installez en permaculture. Difficultés d'accès aux terres, de commercialisation en vente-directe, de conception d'un site en permaculture sur une grande échelle de terrain, du travail que cela demandera au départ, du peu de rémunération dans les premières années,etc...

    Ces difficultés peuvent être surmontés, voire même évités, si vous avez bien pensé et peaufiné votre projet au départ et si vous n'êtes pas trop optimiste (il est important de sous-estimer la réussite de son projet, surtout au niveau économique et du temps de travail, dans les premières années, ce qui n'empêche pas du tout le rêve).

 

    Troisièmement, ne vous précipitez pas ! Nous parlons en connaissance de cause ;) L'enthousiasme est normal au départ et vous permet de surmonter les nombreux travaux à effectuer et les galères inévitables du début, mais il ne doit pas devenir handicapant. 

    Gardez toujours le rêve de votre projet en tête, c'est essentiel, mais ne tentez pas de l'appliquer tout de suite. Procédez plutôt par étapes et par priorités.

    Posez-vous ces questions : qu'est-ce qui est important et urgent puis important mais non urgent puis non-important et non-urgent ? Ce en fonction de vos priorités et de l'avancement de votre projet.     N'hésitez pas à établir une sorte de rétroplanning de votre projet par mois et par année.

    Ne vous lancez pas dans de multiples travaux en même temps sauf si ils sont nécessaires à la base de votre projet, ne soyez pas trop optimistes, et pensez au fait qu'il faut aussi laisser le temps au temps.

    Et un conseil souvent répété, mais essentiel, prenez le temps de bien construire votre projet avant de vous lancer, d'observer le site sur lequel vous allez vous installer, d'échanger, d'apprendre,etc...

    Croyez-nous, le temps manque pour ces aspects essentiels une fois que vous êtes installés (en tout cas dans les premières années)

 

    Quatrièmement, le temps que vous passerez à vous former à travers des stages, formations, du WWOOFing, des ateliers, des échanges, des lectures,etc... n'est pas du temps perdu (d'ailleurs qu'est-ce que du temps perdu?). Vous vous en rendrez compte par la suite lorsque vous vous installerez.

    Mais il est vrai que cela peut paraître bien long et peu concret tant que l'on est pas dans son projet (surtout en BPREA ;). Une solution si vous avez déjà un petit bout de terrain ou votre terrain d'installation : faites vous la main en jardinant, cela vous aidera énormément sur de multiples plans.

 

    Dernièrement, ne sous-estimez pas l'aspect économique, administratif, de temps de travail et technique de votre installation. Ce n'est pas parce que vous souhaitez vous installer en permaculture, que votre installation sera complètement différente d'une installation paysanne bio classique. 

    Même si les investissements et charges sont moins importants au niveau économique en permaculture qu'en bio classique, les recherches techniques et le temps de travail nécessaire sont bien plus conséquents au début, surtout si vous voulez tout faire tout de suite.

    Et ne négligez pas les aspects classiques d'une installation paysanne : compta, prévisionnel économique, travail administratif, savoir-faire paysan,etc..., cela risque d'impacter grandement la survie de votre projet si vous négligez ces aspects.

 

    Dans tous les cas, ne vous inquiétez pas non plus, si vous mettez toutes vos cartes en main, vous pourrez concrétiser votre rêve sereinement.

 

    Mais revenons à nos moutons ;)

 

Si vous souhaitez vous former en vue d'une installation paysanne permacole :

 

    La ferme du Bec Hellouin est aujourd'hui la plus compétente pour vous proposer des formations poussées au niveau technique bien que nous tiquions beaucoup sur les prix proposés.

 

    Vous pouvez aussi pousser plus loin votre apprentissage de la permaculture et du design en effectuant une formation auprès de l'UPP pour obtenir un diplôme en Permaculture Appliquée.

    Bien que cette formation vous apportera moins de connaissances pour vous installer en tant que paysan-ne que si vous effectuez des stages ou formations plus techniques, ceci peut-être très formateur au niveau strictement permacole. Si vous en avez le temps et l'argent, n'hésitez pas à l'effectuer. Cela vous permettra d'établir une ferme permacole digne de ce nom et/ou de transmettre les principes/techniques de la permaculture autour de vous.

 

    Nous vous conseillons pour notre part les formations de Franck Natié pour la conception d'un jardin-forêt : http://www.foretscomestibles.com/. Le jardin-forêt étant ce qui se rapproche le plus pour nous d'une conception permacole, et Franck Natié est assurément un pionnier et une référence en ce domaine.

 

    Il existe de plus en plus de lieux qui proposent des formations plus courtes mais tout aussi intéressantes, bien que nombreux sont ceux qui proposent des prix élevées. Sur ces formations courtes, si les prix sont élevés, renseignez-vous bien avant sur les compétences de la personnes qui les proposent.

    Nous ne sommes pas les seuls à craindre que l'engouement autour de la permaculture ne profitent à certain-ne-s... surtout que la dimension politique et sociale est tristement absente de certains projets et chez certaines personnes dans le milieu de la permaculture.

 

    Pour finir sur ce point des formations en vue de s'installer en permaculture, nous pensons qu'il manque en France des formations courtes ou longues qui soient équivalentes au BPREA, avec une orientation permacole. 

    Il nous semble ainsi nécessaire que les fermes et lieux en permaculture, ou des associations, proposent des formes courtes ou longues de formation à des aspects plus classiques de l'installation paysanne (admnistratif, comptable, économique, agronomique,etc...), en complément ou non des formations plus permacoles.

    En effet, nombre de personnes qui ont effectué des formations permacoles se sentent complètement perdus quand ils souhaitent s'installer concrètement comme paysan-ne-s, et des projets n'ont pas tenus longtemps à cause d'un manque de formations sur ces aspects plus classiques.

    Si ce genre de formations existaient, cela permettrait déjà de voir le BPREA comme étant moins nécessaire, de pérenniser nombre d'installations en permaculture et de rassurer nombre de personnes qui souhaitent se lancer.

 

Le maraîchage en permaculture est-il viable économiquement? Peut-on vivre de la permaculture?

 

     Question cornélienne car elle amène à d'autres questions. Qu'est-ce qui est viable économiquement? Qu'appel-on par vivre de la permaculture? Quel est notre rapport à l'économie marchande? Quels compromis sommes-nous prêts à accepter? Quels solutions existent pour pouvoir vivre de la permaculture sans dépendre de l'économie marchande?

     On est loin d'avoir les compétences pour répondre à toutes ces questions et chacun y trouvera sa réponse personnelle, mais ces questions sont effectivement importantes.

 

     Si on part d'un point de vue strictement économique, oui on peut vivre de la permaculture.

     De nombreuses fermes à travers le monde, qu'elles se réclament ou non de la permaculture mais pratiquent des techniques permaculturelles, sont viables économiquement. 

     La ferme du Bec Helluoin, la ferme "les jardins de la grelinette" au Québec, la ferme d'Eliot Coleman aux USA, le verger permaculturel de Stefan Sobkowiak au Québec et bien d'autres.

    Si vous pensez bien votre projet, que vous êtes bien formés, que vous observez et apprenez constamment et que vous aimez ce que vous faites, oui cela peut marcher.

 

    Nombre de personnes se lancent en maraîchage permaculturel. Il faut savoir cependant que cela n'est pas de tout repos et que vous serez peut-être plus heureux avec une autre culture centrale. 

    Le maraîchage permet d'avoir dès le départ des rentrées d'argent, ce qui permet rapidement de couvrir les investissements réalisés pour s'installer et de ne pas trop dépendre (ou pas du tout) des institutions, mais d'autres cultures peuvent aussi remplir cette fonction (petits fruits, miel, pain,etc...).

 

    Dans tous les cas, pensez bien à ce que vous voulez faire. Vous voulez tirer un revenu de votre activité ou simplement avoir un projet d'autonomie en permaculture, avec vente de quelques excédents?

 

    Vous pouvez aussi choisir de ne pas être simplement paysan-ne mais aussi de travailler à côté (ce que permet la SCEA), d'avoir une activité de transformation ou d'artisanat sur votre site... ou tout simplement de réfléchir à vos besoins et c'est là que l'on touche à la question de la simplicité de vie.

 

    Bien que dans ce monde capitaliste, nous sommes obligés d'avoir un minimum d'argent (ou non mais souvent au prix d'une vie d'autarcie et de nombreuses galères), nous pouvons réfléchir/agir collectivement à comment nous en passer, mais aussi à réfléchir à nos besoins individuels et collectifs. 

 

     Un projet en permaculture permet déjà de couvrir nombre de besoins de bases avec une abondance que l'on peut partager autour de nous. Mais ce n'est qu'en développant de multiples projets dans le même esprit de solidarité, de simplicité et d'autonomie, et en luttant pour une autre société, que nous pourrons peut-être enfin cesser de nous poser cette même question : peut-on vivre de la permaculture? 

 

     Voir aussi un autre point de vue sur cette question :

 http://www.arpentnourricier.org/peut-on-vivre-de-la-permaculture/

 

Quels livres faut-il lire pour s'installer en permaculture?

 

     Il n'existe pas de bibliographie idéale pour cela. Si il fallait en choisir trois fondamentaux, nous choisirions cependant ceux-ci :

 

-Introduction à la permaculture de Bill Molisson

-La permaculture de Sepp Holzer

-Créer un jardin-forêt de Patrick Witefield

 

    Et pour le maraîchage ou jardinage-maraîchage :

 

-Le jardinier maraîcher de Jean Martin Fortier

-Manuel de culture sur butte de Richard Wallner

 

    Deux liens pour des indications de lecture : 

 

http://librairie-permaculturelle.fr/

 

http://www.permaculturedesign.fr/1o-livres-francais-permaculture/

 

    Voir également notre bibliographie que nous complétons au fil du temps (et surtout des coups de coeur) :  http://www.lesdemainsdanslaterre.fr/ressources-sur-la-permaculture/bibliographie-permacole/

 

Existent-ils d'autres manières de s'installer comme paysan permacole qu'en installation paysanne par la "voie classique" ?

 

    Heureusement oui ! :

 

- En commençant par un jardin qui peut s’agrandir petit à petit :

 

    Cela permet de se faire la main, donne de la souplesse, permet de prendre de bien faire les choses et permet d'être beaucoup plus serein.

    Attention cependant à bien voir à partir de quel moment vous passez de la culture d'un jardin en permaculture à celle d'un terrain en permaculture. Le passage notable entre jardinage et installation paysanne (au niveau économique, administratif, de l'ampleur du travail, etc...) ne sera pas forcément évident à anticiper. Il est quand même nécessaire de se former à côté. 

    Le design du site devra aussi être conçu dès le départ mais modifiable si besoin est.

 

    Pour nous, cette solution apparaît être la plus "permacole". Pour de multiples raisons, nous n'avons pas pris cette voie là, mais nous vous la conseillons si vous en avez la possibilité.

 

-Une autre solution alternative, enrichissante et passionnante est l'installation collective atypique :

 

    En projet collectif associatif, en écovillage, en éco-lieu,etc...

 

    Vous pouvez aussi choisir de vous installer en projet collectif en formant une structure juridique agricole (comme nous l'avons fait avec le choix de la SCEA) tout en ayant un projet qui soit concrètement alternatif et en autogestion.

 

    Les projets collectifs permettent d'avancer plus rapidement et plus sereinement dans son projet, de réaliser plus facilement la diversification d'une ferme en permaculture, d'échanger constamment sur nos savoirs et savoirs-faires, nos coups de blues, de nous rassurer,etc...

 

    Mais attention, pour qu'un projet collectif perdure, il faut de l'écoute, de l'empathie, quelques règles communes de base, des outils de discussion, des temps de détente, une cohésion autour de l'idée du projet,etc...

 

    Il faudrait une page entière pour décrire les avantages et inconvénients des multiples organisations collectives, les conditions pour bien vivre en collectif, comment monter un projet collectif qui tienne la route, etc...

    Nous vous laissons quelques liens à ce propos, mais cela ne veut pas dire que nous n'y reviendrons pas ultérieurement :

 

http://www.jeminstallepaysan.org/sassocier-en-agriculture

 

http://ecoclash.over-blog.org/page-667382.html

 

De la nécessité de pérenniser le mouvement permacole et de lutter pour une autre forme de société !

 

    Quelques pistes pour permettre que la permaculture s'essaime et se pérennise

 

      Nous pensons qu'il est urgent de construire un réseau de permaculture d'aide à l'installation des paysan-ne-s permacultrice-s et de mise en relation des projets.

      De permettre une plus grande accessibilité financière aux formations, et de ne pas garder pour soi les recherches et documents sur la permaculture et de les diffuser largement de manière gratuite (ou peu onéreuse).

      Et d'enrichir les formations proposés en permaculture, ou d'en proposer de nouvelles, sur des aspects plus classiques d'une installation paysanne.

      Enfin, il nous semble important de réfléchir et de construire/adopter des alternatives à l'installation paysanne classique (occupation de terres de gros exploitants agricoles, usufruit de la terre et non propriété, formes collectives d'installation en autogestion,etc...)

      Ce ne sont que quelques pistes pour que la permaculture ne se cloisonne pas dans un entre-soi, ne reste pas un doux rêve et s'essaime de manière pérenne dans nos campagnes !

 

N'oublions pas non plus le monde qui nous entoure. Si nous ne faisons rien pour changer radicalement la situation politique, économique et sociale, la permaculture et d'autres formes d'alternatives radicales au système ne perdureront pas longtemps !

 

      Nous avons jusque là abordé la question de l'installation en permaculture d'un point de vue peu politique. Et pourtant, il est aussi urgent de s'organiser pour pérenniser la permaculture, qu'il est urgent de se battre pour renverser le système qui détruit chaque jour de plus en plus toute possibilité d'alternative !

      En effet, les offensives des états et des multinationales contre les alternatives à la société de consommation et productiviste continuent, et ce de plus belle, comme le prouve les négociations actuelles sur TAFTA (traité de libre-échange Transatlantique).

 

     Si nous ne faisons rien pour nous mobiliser localement et internationalement pour une autre forme de vivre-ensemble, nous risquons de ne plus pouvoir parler de permaculture d'ici quelque temps.

     Ainsi, pour prendre l'exemple de TAFTA, ce sont toutes les règles environnementales, sociales, de santé, d'accès aux services publics qui seront menacés directement par les multinationales !

     Des règles non pas obtenus grâce à la bonne grâce des politiciens, mais bien parce que nombre de personnes se sont battus durement à une époque pour obtenir plus de droits (l'offensive actuelle des états et multinationales sur ces mêmes droits nous montrent d'ailleurs que nos aîné-e-s n'auraient pas dû s'en arrêter là...mais passons).

     Ne réclamons plus de mesurettes ou de négociations avec les autorités pour calmer le jeu. Ils en seront toujours les gagnants, comme le prouve l'échec patent de l'hypocrite grenelle de l'environnement de 2007 ! Par exemple, et tandis que l'on nous rabâche sans cesse la prise de conscience de la société et des politiciens sur l'agriculture chimique, la bio ne décolle pas en France et la vente de pesticides a augmenté de 5% entre 2009 et 2013.

 

     Nous ne devons pas nous reposer sur les acquis et attendre la prise de conscience (sic) des politiciens !

 

     Nous aurons beau avoir de beaux projets en permaculture dans un petit coin idyllique, si nous ne nous mobilisons pas changer notre environnement politique et économique, et pour préserver notre environnement naturel, nos projets ne tiendront pas longtemps !

 

     C'est pourquoi nous pensons qu'une installation en permaculture n'est pas envisageable d'un point de vue strictement individuel ou à l'échelle d'un petit collectif. Elle s'insère dans un environnement plus large avec lequel elle peut avoir des interactions bénéfiques ou subir des interactions négatives, et péricliter.

 

     N'oublions pas le monde qui nous entoure, et prenons du temps pour lutter collectivement.

 

    Avant que nos rêves ne deviennent des cauchemars...

 

Les demains dans la terre

 

Cet article est diffusable autour de vous, modifiable, corrigeable,etc...

Pas de droits dessus ou autre brevet ou idiotie de ce genre.

Si vous pouvez juste faire mention de la version originale, cela nous fera chaud au coeur ;)

 

Ceci n'est pas non plus une version finale, elle est susceptible de changer régulièrement, nous en ferons peut-être un petit guide et pourquoi pas avec vous ici qui nous lisez et qui avez aussi des choses à faire partager !

 

A très vite sur notre ferme ou ailleurs !

 

Pour rappel, voici une ébauche de guide juridique pour des installations paysannes atypiques, avec un appel à le finaliser de manière collaborative :

http://www.lesdemainsdanslaterre.fr/2016/01/17/outils-juridiques-et-%C3%A9conomiques-pour-des-petites-installations-paysannes-atypiques/

 

Pour aller plus loin ou pour d'autres points de vue sur l'installation paysanne "classique" ou en permaculture :

 

http://jardinons.wordpress.com/2011/11/13/permaculture-en-france-les-pionniers-en-marche/

 

http://www.permaculturedesign.fr/halte-au-maraichage/

 

http://www.arpentnourricier.org/peut-on-vivre-de-la-permaculture/

 

http://jardincomestible.fr/creer-sa-structure-en-agriculture-biodynamique-en-permaculture-en-agroecologie/

http://www.jeminstallepaysan.org/

 

http://www.agriculturepaysanne.org/index.php

 

http://www.cnt-f.org/ftte/spip.php?article33

 

http://www.terresdeurope.net/

 

Des liens sur l'histoire du monde paysan, ses luttes et sur l'histoire de la bio :

 

http://www.cnt-f.org/ftte/spip.php?article3

 

http://strates.revues.org/4732

 

http://www.natureetprogres.org/50ans-nature-progres/

 

N'hésitez pas à nous indiquer d'autres liens ou d'autres documents à propos de l'installation paysanne.

De même qu'à nous faire vos retours d'expériences, vos remarques, vos réflexions sur l'installation paysanne en permaculture, que ce soit par mail ou/et en commentaire ci-dessous.

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Commentaires : 23
  • #1

    Moulineau (mardi, 20 janvier 2015 14:07)

    Merci pour cette mine d'infos !

  • #2

    Léa (samedi, 27 juin 2015 21:17)

    Très utile cet article, merci !

  • #3

    Lucie (jeudi, 16 juillet 2015 16:29)

    Merci beaucoup pour toutes ces informations, traçant un premier chemin dans ce qui peut sembler de prime abord un véritable fouillis... Je sors d'une formation universitaire (licence en anthropologie culturelle et sociale puis master 1 en médiation des savoirs), je désire profondément me réorienter en maraichage permaculturel, j'ai 21 ans et je suis particulièrement motivée et déterminée. Alors merci pour ce coup de pouce !

  • #4

    Herson David (lundi, 20 juillet 2015 02:33)

    Bonjour, merci pour cet article, j'ai commencé mon jardin cette année j'ai un projet sur mes 7OOOm2 de terrain que je compte monter petit à petit sans emprunt ni financements . J'ai donc du pain sur la planche et si un jour je suis prêt à exploité le terrain pour en vivre je quitterais mon emploi....

  • #5

    Lila (mercredi, 05 août 2015 19:05)

    Bonjour,

    Un grand merci pour cet article !! (j'ai hâte de lire le reste du site !)

    J'ai découvert les fermes miracles de Stéphane Sobkoviak lors de la sortie de son DVD, ce fut une illumination pour moi, depuis je sais ce que je veux faire ! Je vais intégrer un BPREA à la rentrée de Septembre... et je dois avouer que lire cet article me conforte car j'ai beaucoup hésité, à le faire ou non.

    Je voulais juste intervenir sur un oint de détail : vous dites
    "Cet article est diffusable autour de vous, modifiable, corrigeable,etc...
    Pas de droits dessus ou autre brevet ou idiotie de ce genre."

    Mais au contraire ! il existe les créative commons. Ce sont des licences de partage justement. Elles vont du plus ouvert au plus fermé, la plus ouverte étant la paternité. ce n'est pas pour conserver les lauriers de telle ou telle texte, mais ça aide à retrouver qui a écrit quoi et c'est bien de pouvoir revenir aux sources :o)
    enfin moi j'aime bien ne pas relire dix fois le meme article sans savoir qui l'a écrit :o)

    http://creativecommons.fr/licences/

    Et encore merci ! j'ai adoré cet article

  • #6

    L'arbre Fay (jeudi, 10 septembre 2015 18:52)

    merci merci...c'est sensationnel......

  • #7

    lyric (vendredi, 11 septembre 2015 19:01)

    merci pour cet article que je trouve bien fait : pour les réseaux en permaculture le groupe fb https://www.facebook.com/groups/permaetautonomie/ est construit grace à gwen son créateur: avec un base documentaire par sommaire et des groupes locaux pour des événement et échanges d'info locales.. une mine d'or pour qui s’intéresse à la perma.. en plus on fête les un an du groupe avec des événements dans toute la france :rejoignez nous !

  • #8

    CHEMINEAU Emmanuel (jeudi, 26 novembre 2015 11:26)

    Merci pour votre intéressant article. Je me permets de vous signaler que les établissements de formation que vous signalez ne sont les seuls à transmettre l'agroécologie. Le CFPPA Ariège-Comminges par exemple a intégré l'agroécologie (en tant qu'approche visant à l'élaboration d'agro-écosystèmes résilients avec des pratiques sol vivant) depuis plusieurs années pour la formation BPREA qu'il dispense.

  • #9

    Bastien (jeudi, 03 mars 2016 12:35)

    Merci beaucoup pour cet article ! :)

  • #10

    laurette (mardi, 08 mars 2016 10:23)

    Merci beaucoup pour cet article. Une mine d'infos

  • #11

    Anne-Laure (mardi, 12 avril 2016 21:27)

    Merci beaucoup pour cet article très riche en enseignement! ça m'aide beaucoup pour voir comment articuler mon projet de maraîchage permacole :-)

  • #12

    Florent (jeudi, 12 mai 2016 23:28)

    Merci pour cette article très intéressant qui m'a permit de répondre un peu aux questions de formation dans ce domaine. Ça fait aussi très plaisir de voir que nous sommes pas seul.
    Merci encore :)

  • #13

    Jean marie (mardi, 07 juin 2016 10:02)

    Merci pour ce superbe article concret et simple. Ça va m'aider à m'orienter dans mes recherches de formations en vue d'une installation !!

  • #14

    Sarra (vendredi, 08 juillet 2016 16:30)

    Merci les amis pour cet article bien riche! Ça donne du grain à moudre :-)
    A tout bientôt!

  • #15

    Louis le Gorille (mardi, 12 juillet 2016 13:39)

    Super article qui montre bien tout les pans d'un projet ambitieux et autonome.
    Récemment diplômé d'une excellente école d'ingénieur, j'ai atterri comme beaucoup de gens dans une SSII qui sert cette économie capitaliste. Je me donne un an pour réaliser mon auto-formation via internet + des bouquins (Holmgren, Sepp & Margit Brunner).
    Du coup pour tout ce qui est gestion/compta/plannification/organisation/design, grâce à mes études ça devrait aller.
    Il faut surtout que j'apprenne tout ce qui va concerner les variétés, leur complémentarités, la gestion des sols (pédogenèse), du cycle de l'eau (soit la partie la plus intéressante).

    Tout à fait d'accord sur le création d'un réseau qui serait une force.

  • #16

    MARY (lundi, 18 juillet 2016 04:32)

    Suis ici pour donner un grand témoignage que j'ai essayé quelques autres plates-formes tout à la recherche d'une bonne compagnie de prêt qui va me aider avec un prêt malheureusement pour moi je rencontre 3 sociétés de prêt qui étaient seulement après ce que je pouvais leur donner et ne pas aider moi ils ont pris l'argent de moi et ne m'a pas donné de réponse positive je n'ai eu des histoires. Ensuite, je trouve une publication à partir d'un service de prêt et juste décidé de courrier électronique et d'entendre ce qu'ils ont eu à dire, mais j'ai alors découvert qu'ils parlaient bien et sonnait vrai, j'appris à ce sujet et lui a donné un essai. Enfin, je suis prêt à peine 24 heures après que les négociations comme si ce ne fut pas tout, je dois rencontrer le prêt sur mon compte le lendemain soir de la journée je les ai contactés. Hou la la! enfin même chose qui m'a fallu des années pour obtenir d'autres société de prêt trop me seulement 24 heures pour obtenir d'eux. Depuis, je l'ai décidé d'aider publiciste et annoncer leur pour les personnes qui se rencontrent soit dans les chaussures que j'étais ou pour les personnes qui ont besoin du service ici est là entreprise Email: goldloancompany1234@gmail.com leur donner un essai et me remercier plus tard, ils ne le font pas sais même que je fais cela. juste un peu de vous dire merci.

  • #17

    James (jeudi, 25 août 2016 13:25)

    Par contre les jardins de la Grelinette au Québec, avec JM Fortier, ce n'est pas de la permaculture pour moi. C'est du bio intensif, viable économique et durablement.
    Sinon superbe article, merci pour toutes les infos !

  • #18

    Florine (mardi, 30 août 2016 18:06)

    Merci c est très intéressant...

  • #19

    gerMain (samedi, 19 novembre 2016 20:55)

    Un très très grand merci pour toutes ses réponses.

  • #20

    Silé (mardi, 06 décembre 2016 19:42)

    Si vous souhaitez réaliser un bprea, je vous suggère de vous renseignez sur le cfppa d'obernai ( et un autre mais je m'en souvient plus) qui offre une formation avec spécialité biodynamie.
    Ce n'est pas la même approche que la permaculture mais l'objectif est aussi le respect de l'environnement par des pratiques agricole responsable.
    En tout cas je pense que ça ne peut qu'être un atout enrichissant de se renseigner sur la biodynamie voir de suivre cette formation.

  • #21

    lucas (mercredi, 04 janvier 2017 17:33)

    Milles merci pour ces information complete , vraiment du tres tres beau travail cet article , tout est detailler avec des liens enfin genialissime chapeau .....de paille ! ;)

  • #22

    Manon (samedi, 14 janvier 2017 19:42)

    Merci beaucoup pour tout ces liens et vos expériences échangés dans cet article !

  • #23

    Laure (mardi, 17 janvier 2017 11:42)

    Merci beaucoup, le temps que vous avez consacré à écrire tout ceci n'a pas de prix.
    Restons libre de penser et conscient de nos actes.